Mesurer la valeur des bienfaits du végétal en ville, c'est possible !

15 février 2021
Ville Verte

Végétaliser les espaces publics est une nécessité pour tendre vers un urbanisme durable, mais pour savoir où et dans quelles conditions cette démarche génère le plus de bénéfices, il faut se doter d'une méthode d'évaluation de la valeur du végétal. Cet outil de diagnostic a fait l'objet d'une conférence « Mesurer la valeur du végétal dans votre ville » lors du salon Paysalia 2019, dont voici un résumé. Un must pour les villes vertes en devenir !

De quels bienfaits du végétal parle-t-on ?

Lors de cette conférence, Pauline Laïlle (Plante & Cité) et Anne de Kouroch (AK consultants) ont expliqué leur démarche qui consiste à partir de la fonction du végétal pour quantifier sa valeur. Inutile donc de partir tous azimuts sans avoir une idée claire de ce que l'on cherche à valoriser !

Les bienfaits du végétal en ville sont multiples, et peuvent être classifiés selon les trois piliers du développement durable :

  1. Le facteur social : il comprend la santé, le bien-être, le lien social, l'identité, la culture, la spiritualité, et la connexion à l'environnement.
  2. Le facteur environnemental : il regroupe la régulation thermique, l'atténuation du bruit, la qualité de l'air, la préservation de la biodiversité, la qualité de l'eau et l'écoulement de cette dernière, la séquestration carbone, et la qualité des sols.
  3. Le facteur économique : il concerne la valorisation du bâti, l'attractivité d'un territoire (y compris l'attractivité touristique liée au végétal), l'agriculture urbaine et l'économie circulaire.

Pour un service rendu qui soit le plus durable possible, il est nécessaire de combiner ces trois facteurs au sein des espaces verts publics.

Retrouvez 10 bienfaits expliqués de l'urbanisme vert

Comment évaluer les bienfaits du végétal dans les espaces verts publics ?

Cette évaluation est souvent complexe puisque les déterminants sont multifactoriels. Par exemple, le contexte social diffèrera d'une collectivité à une autre. L'attractivité touristique également. La documentation locale disponible sur les différentes essences végétales présentes peut être insuffisante. C'est pourquoi chaque collectivité doit avoir sa propre évaluation, ce qui nécessite une adaptation et une contextualisation de l'outil de diagnostic décrit ci-dessous.

1. Faire l'état des lieux

Pour pouvoir mettre une valeur monétaire sur le végétal, il faut d'abord connaître le système étudié, ce qui implique une démarche d'inventaire, d'acquisition de connaissances et de description de ce que l'on peut trouver sur le terrain. Autant que possible, il faut s'appuyer sur des données locales, sinon sur des statistiques nationales.

2. Analyser la fonction du végétal

Cette étape d'évaluation fonctionnelle doit s'appuyer sur des modèles scientifiques, notamment en faisant appel à la physiologie végétale. Par exemple, à partir de données factuelles sur le nombre d'arbres présents, leur essence et la disponibilité en eau, on peut évaluer la capacité du végétal à évapotranspirer. On peut donc connaître de manière quantifiée plusieurs éléments comme la séquestration du carbone, la quantité d'ombrage, l'impact sur la température ambiante dans un espace vert public, etc.

3. Valoriser la fonction du végétal

C'est sur ces chiffres concrets que l'on peut réaliser une valorisation économique des fonctions du végétal en ayant recours à plusieurs stratégies :

  • la valeur marchande (ex : le marché du carbone)
  • la valeur non  marchande (ex : combien les usagers seraient prêts à payer pour entrer dans un parc)
  • les coûts évités pour la société (ex : un usager qui fréquente souvent un espace vert aura probablement moins d'arrêts maladie)

Quelques exemples de valorisation du végétal dans les villes vertes

Plusieurs exemples concrets tirés de projets de végétalisation urbaine ont été évoqués lors de cette conférence, comme Valuing London's Urban Forest qui a permis de quantifier la valeur des millions d'arbres londoniens selon différents bienfaits du végétal : séquestration carbone, dépollution de l'air grâce au végétal, gestion des eaux pluviales...

Lors d'un exercice pratique, Plante & Cité a pu évaluer la valeur de séquestration carbone des 16 000 arbres de la ville d'Angers grâce à l'outil de diagnostic présenté ci-dessus. En s'appuyant sur un inventaire détaillé réalisé par la collectivité, il a été possible de connaître la biomasse produite chaque année et la quantité de carbone déjà séquestrée. Avec une projection à 2030, la valorisation de cette séquestration de carbone était de 1 million d'euros sur le marché carbone européen et de 4 millions d'euros sur le marché carbone français. Un argument de poids pour se lancer dans l'urbanisme durable !

Pour plus d'informations sur l'évaluation des bienfaits du végétal en ville, Val'Hor et Plante & Cité ont publié en collaboration un guide qui approfondit cette méthode d'analyse et propose d'autres retours d'expérience de villes vertes. Une précieuse aide pour apporter des éléments chiffrés aux décideurs, qui pourront alors mieux orienter les futurs espaces verts publics de leur collectivité !


Écoutez cette conférence de paysagisme sur... 

© Crédit photo : magann / Adobe Stock 

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